vendredi 6 février 2009

Bataille de Tourcoing.

Date de l'action: 18 - 22 mai 1794.

Localisation: Nord de la France, frontière belge. Coordonnées géographiques: 50° 43' de latitude Nord, et 03° 09' de longitude Est.

Conflit: Guerres de la Révolution Française [1793-1804]. Première Coalition, 1793-1797.

Contexte: Au printemps 1794, 78.000 coalisés attendaient le long de l'Escaut: Anglais, Prussiens, Autrichiens et Hanovriens; en six camps. L'empereur d'Autriche arriva le 15 mai à Tournai avec le prince de Cobourg, à la tête de 20.000 Autrichiens d'élite. Les Anglais et les Hanovriens sous les ordres du duc d'York campaient à Lamain. Les Alliés établirent un «plan de destruction» de l'armée française. Paradoxalement, au lieu d'attaquer en masse avec supériorité numérique, les Alliés se formèrent en 6 colonnes. La première partit de Thielt, passa la Lys à Wervick et n'arriva que le 18 au matin à Linselle, au lieu d'arriver le 17 comme prévu. La deuxième colonne atteignit, le 17, le poste français de Mœscroen. Le duc d'York [4e colonne] marcha, avec 15 bataillons d’Infanterie et 2.400 chevaux, sur Roubaix et Mouvaux. La 5e colonne [général Kinsky] devait se joindre à la sixième. Cette 6e colonne [archiduc Charles d'Autriche] comptait 20 bataillons d'Infanterie et 32 escadrons de Cavalerie.



Chefs en présence ♦Anglo-alliés: L'empereur d'Autriche était l'autorité suprême des armées alliées. Le duc Frédéric d'York était le fils du roi d'Angleterre Georges III. Le maréchal Otto, un Autrichien né en Hongrie. ♦Français: le général-comte Joseph Souham

Effectifs engagés ♦Français: l'Armée du Nord, 60.000 hommes, dont 40.000 engagés et 20.000 soldats de métier seulement.
♦Anglo-alliés: 85.000 hommes en 6 colonnes:
1♦16.000 hommes et les pontonniers [général Clerfayt]
2♦4.000 Hanovriens [général Busch]
3♦10.000 Autrichiens et 7.000 cavaliers anglais [maréchal Otto],
4♦12 bataillon d'Infanterie et 10 escadrons de Cavalerie sans compter la Réserve tactique du général Eskine de 16 escadrons de Cavalerie, le tout sous le commandement du duc d'York, fils du roi d'Angleterre; en tout 10.000 hommes.
5♦11.000 hommes du général Kinsky,
6♦20.000 hommes de l'archiduc Charles.


Stratégie ou tactique: Les réquisitions, les pillages, les occupations successives avaient ruiné Tourcoing. Un affreuse disette régnait dans cette petite ville de 11.000 habitants.
Les coalisés voulaient couper l'Armée française, dite de Flandre Maritime, postée entre Lille et Dunkerque, du reste des forces françaises, afin d'anéantir ces troupes isolées. Le plan du duc d'York, soumis à l'empereur d'Autriche, était de faire traverser la Lys à la colonne Clerfayt qui se dirigeait vers Mouvaux et Tourcoing, au moment où les autres colonnes avanceraient vers les mêmes points en partant du Sud. Les colonnes alliées devraient faire leur jonction dans le secteur de Mouvaux et de Tourcoing. Ainsi les 85.000 Anglo-alliés couperaient le Corps d'armée français de Lille des 44.000 hommes du général Souham. Il ne resterait plus qu'à détruire l'armée amputée de Souham.
D'une façon générale, durant la Révolution française, la tactique se transforme petit à petit, bien que, officiellement, le Règlement de 1791 reste en effet. L'absence de 1.200 officiers d'Infanterie et de Cavalerie émigrés et le danger menaçant forcent l'armée française à accélérer la formation des troupes et à éliminer les manœuvres compliquées. Aussi, seules les formations en ligne et l'utilisation des tirailleurs font vraiment partie de la formation des troupes. Puis, voyant le peu d'efficacité en terrain découvert, devant une armée régulière, on reviendra aux doctrines du XVIIIe siècle: "tirailleur en avant de la ligne, puis la ligne elle-même et enfin la réserve."


Résumé de l'action: La situation des 60.000 Français était critique, presque totalement encerclés par les six colonnes des 85.000 alliés. Les généraux français Souham et Moreau, en l'absence du général en chef Pichegru, virent que les Alliés allaient les inquiéter et décidèrent d'agir. Ils se mirent en marche avec leurs troupes sur Tourcoing pour maintenir leurs liens logistiques avec Lille.
Dans la nuit du 17 au 18 mai, le général Souham laissa un rideau de troupes pour contenir les colonnes alliées, et fonça, avec le gros de son armée, sur Tourcoing et ses environs où se trouvait la plus grande partie des troupes coalisées. En chemin, Souham fut rejoint par Malbrancq et par Macdonald. En arrivant dans les rues de Tourcoing, Malbrancq fut reçu par le tir meurtrier des Chasseurs Tyroliens. Les Français les attaquèrent en un combat qui dura deux longues heures. Finalement, les coalisés se replièrent en hâte, poursuivis par les Français. Dans la Rue du Tilleul, les coalisés réussirent à se reformer en ligne, et le sang se mit à couler à flot dans ce passage étroit, véritable champ clos. Les canons autrichiens tiraient dans la masse des soldats français.
Le dimanche 18 mai au matin, la colonne coalisée de Bush, qui tenait la position de Mouscron avec 4.000 Hanovriens, fut attaquée par les troupes françaises de Thierry et de Dandaels, et écrasée après un violent assaut. Bush réussit pourtant à reformer ses troupes plus loin [à Dottignies] et à tenir jusqu'à la fin de la journée.
À Tourcoing même, la lutte se concentra dans la Rue du Tilleul. Les Français détachèrent une batterie sur leur droite, à L'Épidème, en avant d'une vieille chapelle. Elle ouvrit le feu sur les troupes alliées, repliées à l'entrée du Tilleul vers Wattrelos, au moulin Agathon Lézy.
Au Sapin-Vert, la colonne du maréchal Otto se reforma et engagea une lutte acharnée où l'artillerie prit une grosse part. Les Corps français de Dandaels et de Jardon, qui avaient quitté Mouscron, prirent Otto en tenaille à l'aide du Corps d'armée de Malbrancq. Otto se replia sur le carrefour du Sapin-Vert et enfin sur le Moulin-Tonton, position qui dominait les sentiers du secteur. Mais la batterie de l'Épidème suivit le mouvement et prit de flanc le Sapin-Vert, rendant la position intenable. Otto dut quitter le Moulin-Tonton. Il retraita vers Wattrelos en direction de Roubaix, abandonnant dans sa retraite de nombreux soldats et 20 canons avec leurs caissons. Moreau se lança à sa poursuite.
Le général allié Clerfayt, pour sa part, rencontra de la résistance pour passer la Lys à Werwick et perdit 24 heures. Busch attaqua, le 17, les troupes françaises retranchées à Mouscron. Mais leur résistance fut vive malgré leur infériorité numérique; cela donna à plusieurs colonnes de la division Souham le temps d'arriver à la rescousse. Les Hanovriens de Busch furent ainsi contre-attaqués et forcés de se retirer avec pertes jusqu'au village de Lespierre.
La 3e colonne alliée alla occuper Tourcoing. Mais bientôt le général Otto vit arriver des fuyards de la 2e colonne qui l'instruisirent du revers de Busch. Craignant d'être attaqué à son tour, Otto, au lieu de concentrer ses forces, laissa son avant-garde dans Tourcoing, plaça le gros de sa colonne à Wattrelos et posta quelques bataillons en réserve à Léers, déployant ainsi ses troupes sur une longue ligne de 5 km.
Le général anglais York commandait la 4e colonne directement, et les 2e et 3e, indirectement. Cette 4e colonne dispersa ses forces dans 4 villages: Lannoy, Roubaix, Mouvaux et Croix.
La 5e colonne du général Kinsky se porta aussi sur 3 points simultanément: Tressin, Bouvines et Louvil. Face à elle, la division française du général Bonneau était campée à Sanghien pour couvrir la route Tournai-Lille. Le général autrichien Wurm trouva Tressin occupée, l'attaqua mais échoua. À Bouvines et Gruson, les attaques anglo-alliées échouèrent aussi. Le général Erskine avec 16 escadrons anglais de la colonne York, au lieu de suivre York vers Lannoy, avait suivi par erreur la colonne de Kinsky. Ce renfort imprévu sauva de la destruction la colonne Kinsky lorsque ce dernier voulut résister à une offensive française du général Bonneau.
Le Corps de l'archiduc autrichien Charles [6e colonne], qui avait plus de chemin à faire, n'arriva à Pont-à-Marque qu'à 14h00. À son arrivée, Bonneau stoppa son offensive et se retira sur le village de Flers. Souham vint se placer avec sa division derrière Tourcoing. Moreau, avec 8.000 hommes seulement, se chargea de contenir la colonne alliée de Clerfayt qui arrivait sur Linselles. Telles étaient les positions des deux armées, le 17 mai au soir.
Grâce au retard de Clerfayt dans la marche de ses troupes, la route de Lille à Courtray était encore libre dans la journée du 17, et les Français purent organiser avec le général Bonneau [à Lille] l'attaque générale du 18 au matin sur Tourcoing et Roubaix. Cette offensive fut exécutée avec le gros de l'armée française commandée par Souham.
Le 18 à l'aube, donc, le général Souham se mit en marche avec 45.000 hommes. Sa Droite marcha sur Tourcoing et sa Gauche sur Wattrelos. L'avant-garde anglo-alliée [6 bataillons d’Infanterie de Ligne du général Otto], qui occupait Tourcoing, fut assaillie par les forces françaises et céda lorsque le désordre se propagea dans ses rangs; la déroute fut complète. Wattrelos fut emporté par les Français avec la même rapidité.
Le général Bonneau avait laissé quelques bataillons pour contenir les deux colonnes de l'archiduc et du général Kinsky, et s'était avancé avec le gros de son Corps d’armée, dans la nuit du 17 au 18, entre les villages de Wasquehal et Hem. Au point du jour et pendant le mouvement des troupes de Souham sur Tourcoing et Wattrelos, Bonneau avec 16.000 hommes, attaqua le Corps d’armée du duc d'York dans les 4 villages où les Anglais s'étaient solidement retranchés.
L'attaque de Bonneau jeta la surprise chez les Anglais qui se croyaient couverts du côté de Lille par les 5e et 6e colonnes, et, de ce fait, pensaient ne pouvoir être attaqués que par la direction de Tourcoing. Une partie de cette 4e colonne se défendit avec détermination dans les villages de Mouvaux et de Roubaix. Mais les colonnes françaises de Souham attaquant par Tourcoing et Wattrelos, la confusion s'empara des troupes anglaises. Les unités anglaises, prises de frénésie, jetèrent leurs armes et prirent la fuite, cherchant à gagner la route de Tournai via le village de Méchin.
Paradoxalement, cette panique sauva les troupes anglaises de la destruction, car, si la résistance s'était prolongée, elles se seraient trouvées enveloppées par les colonnes françaises de Souham et de Bonneau, et, sans chemin de retraite, auraient été forcées de se rendre à discrétion.
La déroute du Corps anglais fut si complète que le duc d'York se sauva avec quelques officiers seulement vers Wattrelos déjà occupée par les Français. Le prince anglais allait être pris lorsque il fut sauvé par une compagnie hessoise qui tiraillait pour couvrir le Corps anglais en pleine fuite. York réussit donc à se sauver. Le général Otto, par contre, rétrograda en ordre.
Il est difficile de savoir pourquoi les 5e et 6e colonnes alliées restèrent inactives à Sainghin devant les quelques troupes françaises que le général Bonneau avait laissées en rideau pour les contenir. Voyant la déroute des unités anglaises, l'archiduc d'Autriche rétrograda vers Marquain où il recueillit les débris des autres divisions.
Quant au général autrichien Clerfayt, il n'arriva donc jamais sur le champ de bataille. Le général Moreau marcha sur Linselles et l'attaqua pour le fixer. Mais les Autrichiens, en nombre très supérieur, forcèrent les Français à la défensive. Pensant être arrivé trop tard, Clerfayt rétrograda donc bientôt pour reprendre sa position initiale à Thielt.

Pertes ♦Anglo-alliés: 6.000 hommes, dont 4.500 blessés ou tués, 1.500 prisonniers et 60 pièces d'artillerie. ♦Français: 2.600 tués ou blessés.

Conséquence de cette défaite anglo-alliée: Le fait pour l'armée française d'avoir battu une armée alliée de près de 85.000 combattants eut un effet très positif sur le moral des soldats de la République. Du côté allié, le «plan de destruction» de l'armée française était entièrement remis en question.
"Ce qui est pire que tout, écrivit curieusement l'Anglais Craig dont le savoir, manifestement, trahissait de vastes lacunes dans le domaine historique, c'est que nous avons perdu le droit de dire que les Britanniques n'ont jamais été battus par leur ennemi actuel.»[Sic!]


Canon français de montagne [80mm] destiné à l’Artillerie coloniale (1880)

Siège de Calvi.

Date de l'action: 19 juin - 21 août 1794.

Localisation: Ville située dans l'île de Corse, sur la côte Nord-Ouest. Coordonnées géographiques: 42° 34' de latitude Nord, et 08° 45' de longitude Est.

Conflit: Guerres de la Révolution Française [1793-1804]. Première Coalition, 1793 - 1797.


Contexte: Les Corses étaient, à cette époque comme aujourd'hui, déchirés en deux groupes. Les uns adhéraient à la France républicaine; les autres, menés par Paoli d'une main de fer, croyaient pouvoir obtenir l'indépendance avec l'aide des Anglais.
Les Anglais, mandés par Pascal Paoli pour soutenir son parti indépendantiste, avaient occupé militairement la ville de Bastia. Il leur restait à prendre Calvi, gardée par une très petite garnison française. Dans ce but, la flotte anglaise vint bloquer le port, tandis qu'une armée cernait la ville par la terre. Cependant, les Anglais, qui venaient d'annexer l'île sans difficulté, allaient commettre une erreur irréparable: un Anglais, Elliot, fut nommé Viceroi pour la Corse à la place de Paoli. Cela mit fin à la lune de miel anglo-corse. Se sentant lésé dans ses ambitions personnelles, ce dernier commença à saboter l'image de l'Angleterre dans l'esprit des insulaires. À tel point que l'île se souleva bientôt contre les Anglais. Les décrets du Parlement anglais furent publiquement brûlés dans les villages. Aussi, en septembre 1796, Elliot reçut-t-il l'ordre d'évacuer l'île... et le roi Georges III perdit son petit royaume de beauté qui avait duré 3 ans. Les Corses redevinrent Français et Paoli, craignant des représailles de la part des Corses francophiles qu'il avait tourmentés jusque-là, et, redoutant le couperet républicain, s'exila en 1795 vers cette Angleterre que, paradoxalement, il avait reniée dans son propre pays.

Chefs en présence ♦Français: inconnus. ♦Anglais: lieutenant-général Sir Charles Stuart.

Effectifs engagés ♦Anglais: 2.000 hommes [Anglais], sans compter les équipages de la Royal Navy qui pouvaient fournir des renforts, et surtout les partisans corses de Paoli. ♦Français: 2 ou 300 hommes.

Stratégie ou tactique: La ville était située sur une langue de terre élevée qui formait l'un des plus beaux ports de l'île. Les fortifications étaient solides et fortement tenues par une bonne garnison. Comme les montagnes entre Bastia et Calvi ne laissaient qu'une communication fort difficile, l'escadre anglaise transporta hommes et matériel autour du Cap Corse. Lord Hood couvrait le siège du côté maritime. Nelson dirigeait l'attaque par la mer et Sir John Stuart du côté terrestre avec son allié Paoli. Ce fut là que Nelson perdit un œil, un boulet français ricocha dans le sable et lui coûta la vue. Moore était le second de Stuart. Les Anglais avaient débarqué un Corps de 2.000 hommes.

Résumé de l'action: Seul Calvi restait donc encore entre les mains des Français. Le 19 juin, le débarquement eut lieu dans une baie proche de Calvi appelée Port-Agra. En dépit de Pascal Paoli, tous les citoyens de la ville prêtèrent main-forte à la garnison française qui se préparait à résister. Même les femmes aidèrent nuit et jour à transporter de la terre sur les bastions pour amortir l'impact des bombes et des boulets.
Dès le soir même, les opérations de siège commencèrent par l'occupation de la hauteur appelée Mont-du-Capucin à 5 km seulement des avant-postes français. La réduction de Calvi semblait difficile au premier abord. Des batteries devaient être érigées. Pour cela, des cols de montagne furent militairement occupés, et les marins traînèrent des canons et des mortiers dans ces régions fort abruptes.
Les défenses se composaient essentiellement de deux redoutes-casemates dont les batteries pouvaient croiser leurs feux sur les approches de la ville et rendre le port et les abords très périlleux pour l'escadre anglaise. Les deux redoutes s'appelaient Fort-Mollmochiso et Fort-Mozello. Les premières attaques leur furent consacrées. Le premier ouvrage, le plus faible, subit un incessant pilonnage, puis fut assailli, le 6 juillet, par l'Infanterie anglaise. Les Français, conscients de l'inutilité de résister dans cette ruine, abandonnèrent sa défense.
Les assaillants s'occupèrent alors du Fort-Mozello qui fut écrasé sous une pluie dense de projectiles. Une belle brèche étant devenue praticable, le 18 juillet, sur son côté Ouest, l'Infanterie Légère et les Royal Scots attaquèrent le fort lui-même, tandis que le lieutenant-colonel Wemyss, à la tête du Royal Irish Regiment, avec deux pièces d'artillerie [commandant Lemoine], attaqua les batteries françaises de la gauche et força les tranchées sans avoir à tirer un seul coup, à la baïonnette. Cette attaque eut lieu une heure avant l'aube.
Au bout de 15 jours, presque toutes les maisons de Calvi étaient endommagées par l'une des 3.000 bombes tirées par l'artillerie anglaise. La population et la garnison en étaient réduites à la plus extrême famine. Les gens mangeaient les chevaux, les ânes et les mules. Bientôt la disette fut atroce. La ville, sans cesse battue durant deux mois par 37 pièces de gros calibre, ne montrait que des ruines. Les fortifications offraient partout des brèches effrayantes et tout le monde se demandait pourquoi les Anglais hésitaient encore à s'élancer à l'assaut. D'autant plus que toutes les batteries françaises étaient hors d'état d'être utilisées. La dysenterie épuisait les 260 survivants de la garnison française.
Une sommation fut enfin présentée aux Français. Calvi était devenue impossible à défendre sans la possession des points d'appui. Malgré cela, et à la colère de tous, le gouverneur refusa de capituler et le pilonnage d'artillerie reprit durant deux jours. Le 21, le gouverneur fit enfin battre la chamade pour appeler aux négociations. La garnison reçut les Honneurs de la Guerre et s'embarqua pour Toulon suivie de la plupart des habitants qui ne voulaient pas rester entre les mains des Anglais et surtout de leurs vindicatifs concitoyens corses.

Pertes ♦Inconnues. Sans doute très lourdes du côté de la population calvaise.

Conséquence de cette défaite française: Avec la chute de Calvi, la Corse tout entière était “libérée” de la France comme l'avaient voulu les partisans de Pascal Paoli. Le 21 juin 1794, l'Assemblée Générale corse adopta une nouvelle constitution selon laquelle Georges III, roi d'Angleterre, devenait roi de Corse. Alors que Paoli croyait s'être servi des Anglais pour se libérer des Français, il se rendait compte avec frustration que les Anglais s'étaient servi de lui pour annexer l'île à leur empire: "So Corsica became a portion of our mighty empire" écrivit un historien anglais. Mais pas pour longtemps, car le torchon n'allait pas tarder à brûler entre Paoli, les Anglais et même les partisans du rattachement à la France. Pour l'instant, une forte garnison fut laissée à Calvi et Lord Minto devint vice-roi de l'île de Beauté pour «Sa Majesté Georges III [d'Angleterre], Roi de France, de Grande-Bretagne, d’Irlande et... de Corse.»


Sa Majesté Georges III, “roi de France,
de Grande-Bretagne, d’Irlande” et de Corse. En 1802, il renonça au titre de roi de France. En 1801, il avait établi sa popularité auprès de la population anglaise en s’opposant à l’émancipation des catholiques irlandais, proposée par Pitt.

Dictionnaire des Batailles navales

Dictionnaire des batailles navales franco-anglaises



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  • Broché: 418 pages
  • Editeur : PU Laval (7 mai 2004)
  • Collection : HORS-COLLECTION
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 276378061X
  • ISBN-13: 978-2763780610